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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 18:58

Inutile de revenir ici longuement sur les péripéties de la desserte inter-îles en fret, je note d'ailleurs que ce type de difficulté survient quand un opérateur privé est dans la course.

 

La semaine dernière, j'ai adressé au Préfet de l'Archipel un message d'alerte pour qu'il accepte, en cas d'interruption du service de desserte en fret inter-îles, de réquisitionner la société TMS. Pour mémoire, le Conseil Territorial a adressé un projet de convention fixant à + 10% le prix d'une rotation dont la base actuelle est de 10 550€. La société TMS a refusé cette proposition considérant que les 18 000€ réclamés étaient tout à fait justifiés.

 

Ce lundi 15 juillet, étant absent de l'Archipel, mon collègue Stéphane LENORMAND a adressé au Préfet une demande de réquisition face au refus par TMS des termes de notre convention et de l'annonce faite de l'arrêt des rotations. Ce mardi 16 juillet, la rotation pour Miquelon a donc été suspendue comme annoncé par la société.

 

J'ai appris avec stupéfaction le refus du Préfet de procéder à la réquisition de TMS. Nous restons par ailleurs dans l'attente d'une réponse écrite à notre demande mais les premiers éléments portés à ma connaissance laissent penser que l'Etat considère tout d'abord qu'il appartient au Conseil Territorial de trouver une solution de substitution et qu'ensuite les conditions d'une réquisition, dont notamment l'urgence, ne sont pas réunies.

 

L'une des conséquences immédiates de la décision préfectorale pourrait être le fait que la Collectivité soit poussée à céder aux exigences de TMS. Je m'interroge sérieusement sur la stratégie de l'Etat dans ce dossier.

 

Les deux élus d'Archipel Demain de Miquelon, Céline GASPARD et Olivier DETCHEVERRY viennent d'adresser un courrier au Préfet mettant en évidence l'urgence de prendre des mesures adéquates pour ravitailler la grande île. J'espère que leur message sera entendu.

 

Elus Archipel Demain Miquelon à Mr le Préfet 16 07 2013 Elus Archipel Demain Miquelon à Mr le Préfet 16 07 2013

 

Je suis contraint de prendre à témoin la population de Miquelon face au refus incompréhensible du représentant de l'Etat de procéder au nom de l'intérêt général à cette réquisition de TMS. Au-delà du fait que cela permettrait d'assurer une continuité du service, le paiement des réquisitions sur présentation des factures par TMS nous permettrait d'avoir accès  à des informations cruciales sur le coût de cette desserte. L'Etat et le Conseil Territorial n'ont visiblement pas le même objectif de transparence.

 

De nombreux concitoyens ont été choqués par le manque de considération de l'Etat à l'égard de la population de Miquelon.

Faudra-t-il attendre une situation explosive pour que le Préfet réagisse...enfin ?

Quelle est la stratégie de l'Etat dans ce dossier ?

Les citoyens de Miquelon sont-ils des habitants de seconde zone ? Pas pour le Conseil Territorial en tout cas !

Comment traduire le message de l'Etat délivré par la presse mais sans réponse écrite au Conseil Territorial ?

Qu'est-ce qui différencie la situation présente à celle qui avait amené à un autre Préfet à réquisitionner une époque pas si lointaine finalement ? Rien, alors pourquoi la politique de l'Etat change-t-elle subitement?

 

La réquisition par l'Etat (puisque le Conseil Territorial ne dispose pas de ce pouvoir) était l'occasion de démontrer à nos concitoyens que, sur des dossiers aussi stratégiques que la desserte, l'Etat et la Collectivité sont capables de travailler ensemble. Force est de constater que la décision du Préfet, si elle n'évolue pas rapidement, va compliquer considérablement cet exercice au-delà de fragiliser la position du Conseil Territorial dans le cadre des discussions en cours. L'Etat ne sert pas les intérêts de la collectivité et de la population au final.

 

Finalement, au-delà des "arguments de façade" avancés, n'est-ce pas la crainte d'avoir à contribuer au financemeent de cette desserte inter-îles qui gêne l'Etat et qui le pousse à laisser le Conseil Territorial se débrouiller seul ?

Jusqu'en 2008, 50% du coût était payé par l'Etat. Mr Guy MASCRE alors Secrétaire Général avait par ailleurs publiquement déclaré sur les ondes que dés que la collectivité aurait trouvé un cadre juridique (après le protocole transactionnel qui avait été signé, ce fut le cas) l'Etat reverrait sa contribution. Qu'en-a-t-il été ? Rien.

 

 

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Published by Stéphane ARTANO - dans Transport inter-îles
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