Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 12:26

C’est officiel PERCY MILLER abandonne son projet, voici quelques éléments pour mieux comprendre le fond du dossier et identifier nos craintes par rapport à ce qu’on demandait à SPM de supporter au regard de ce que la maison mère supportait.

 

Le projet intéressait l'Archipel parce qu’il prévoyait la création de 27 emplois en 4 ans dans le cadre d’une activité commerciale tournée à 100% vers l’international et qui s'intégrait parfaitement dans la logique du schéma de développement stratégique du territoire qui place le développement des services marchands comme un des axes forts.

 

En échange, le porteur de projet canadien attendait un accompagnement financier significatif de la part du territoire.


Malgré l’intérêt qu’il représentait du point de vue du développement économique du territoire, le business plan présenté comportait un certain nombre de faiblesses assez significatives :

1.       1. Avant tout, il était très déficitaire pendant les 4 premières années (et encore a condition d’atteindre un taux de croissance de 150 % par an pendant les 4 premières années),

2.      2. l’apport personnel du porteur de projet était inférieur à 5% des besoins de financement,

3.        3. Percy Miller canada entendait facturer sa filiale à Saint-Pierre des sommes très importantes (il ne s'agit pas là de porter un jugement de valeur sur ces sommes, mais le constat est là) dès sa création et avant même que celle-ci ne commence a dégager un seul euro de profit.

Compte tenu de l’intérêt que représenterait ce projet pour le territoire, nous avons voulu le soutenir financièrement, mais de manière équitable et prudente étant donné les risques qu’il comportait.

 

Détails concernant le projet :

Avant d’évaluer un niveau d’investissement dans le projet, nous avons voulu analyser le projet à la lumière de critères déjà en pratique localement, notamment dans le code local des investissements ainsi qu’en France métropolitaine et dans d’autres collectivités outremer. Et il ressort de cette analyse que :

L’apport personnel du porteur de projet fut jugé trop faible : 5 % pour le porteur de projet, 95 % pour le territoire !

Le projet nécessitait plus d’un million d’euros pour être lancé et dans le business plan proposé, la contribution financière du porteur de projet était inferieure à 5 % de ce montant (à titre d’exemple, pour bénéficier du code local des investissements, nous demandons aux porteurs de projets locaux une participation financière de 20% du montant de l’investissement !);

Le montant des immobilisations corporelles était également trop faible (certes, ce n'est pas rédhibitoire) selon notre analyse : 20 000 euros seulement (alors que pour bénéficier du code local des investissements, le montant minimum de l’investissement est de 30 000 euros pour le secteur des services). Et 20 000 € d’investissements corporels pour un projet qui requiert plus d’un million de financement de la part du territoire…

 

Le projet présenté était très déficitaire les 3 premières années (-450 000 euros par an en moyenne !) ; le seuil de rentabilité n’était pas atteint avant la 4ème année et encore, à condition de réaliser un chiffre d’affaires avec un taux de progression annuel de 150 % pendant 4 ans ! ce qui ne nous paraissait pas très raisonnable (une croissance plus modérée de 25% « seulement » par an par exemple aurait provoqué des pertes cumulées de près de 3 millions au bout de 4 ans).

 

Nous pouvions difficilement envisager d’apporter 95 % du coût de lancement du projet et voir, dès les premières années, la maison mère au Canada facturer à sa filiale à Saint-Pierre & Miquelon des services divers qui représentaient plus de 50 % du chiffre d’affaires les 3 premières années (avant que le résultat d’exploitation ne devienne positif, PM Montréal prévoyait facturer sa filiale sous la forme de  «royalties fees» (10 % du chiffre d’affaires), «management fees» (22 % du CA), et frais de formation (19 % du chiffre d’affaires), (soit l’équivalent de 850 000 euros en 3 ans, alors que l’activité cumule des pertes de 1.3 million d’euros pendant la même période !).

 

Nous avons ces dernières semaines poursuivi avec Arnaud PROUST nos discussions pour que Percy Miller revoit ses prétentions. Après d'ultimes échanges, notre demande a été rejetée.

 

Nous serons, je l'espère, amenés à en reparler car je suis dubitatif sur le fait qu'une région française accepte le projet en l'état actuel du dossier. La porte de SPM restera toujours ouverte pour ce projet, mais pas à n'importe quel prix.

Partager cet article

Repost 0
Published by Stéphane ARTANO - dans Développement économique
commenter cet article

commentaires